1 mars 2024

Concurrence : les charcutiers ont-ils créé un « cartel du saucisson » ?

L'Autorité de la Concurrence a lancé une enquête dans le secteur de la charcuterie, ciblant spécifiquement les produits sans nitrites. Des opérations de visite et saisie ont été menées au sein de la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT). Cette enquête fait suite à des soupçons d'entente sur les prix entre plusieurs grandes marques, une pratique parfaitement illégale dans l'industrie. Cependant, aucun établissement n'a été cité, et pas une autre information complémentaire n'a été dévoilé. La nature de l'enquête est pour l'instant inconnue.

Les nitrites, souvent utilisés dans la charcuterie pour leur rôle de conservateur et pour donner une couleur rose attrayante au jambon, comportent des risques pour la santé. L'Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses) a établi un lien entre les nitrites et le risque accru de cancer colorectal. Cette association a conduit à une prise de conscience accrue des consommateurs et à une demande croissante pour des produits sans nitrites.

De fortes amendes déjà distribuées dans le passé

L'industrie de la charcuterie n'est pas étrangère aux sanctions. En 2020, douze entreprises de charcuterie ont été condamnées à payer un total de 93 millions d'euros pour des ententes sur les prix à destination des clients entre 2010 et 2013. Ces pratiques anticoncurrentielles ont affecté à la fois les fournisseurs et les clients, mettant en lumière des problèmes réglementaires auxquels le secteur est confronté.

La principale différence entre le jambon avec et sans nitrites réside dans leur composition et leur impact sur la santé. Le jambon sans nitrites, considéré comme plus sain, est souvent plus cher, reflétant les coûts de production plus élevés et la demande croissante pour des options plus sûres. Cette différence de prix fait dire à certains que le jambon avec nitrites est destiné aux plus "pauvres", et le jambon avec nitrites pour les plus "riches". L'augmentation des prix peut facilement atteindre 20 à 30 %.

Article initialement publié sur EconomieMatin :

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