14 juillet 2024

Energie : le Gaz russe enfin sanctionné par l’UE ?



Le mois de mai 2024 a été marqué par une augmentation remarquable des importations de gaz russe par l’Europe, surpassant celles des Etats-Unis. Gazprom, le géant russe de l’énergie, a en effet exporté 2,5 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe, contre 1,8 milliard en mai 2023. Ce chiffre marque le neuvième mois consécutif d’augmentation des exportations russes de gaz vers l’Europe.

Quelles sont les raisons de cette augmentation ?

La première raison de cette hausse est le coût inférieur du gaz russe par rapport à ses concurrents, une réalité économique que les traders et les pays consommateurs ont du mal à ignorer. D’autre part, malgré les appels à diversifier leurs sources d’énergie, des pays tels que l’Autriche, la Hongrie, la Grèce et la Slovaquie ont augmenté leurs commandes de gaz russe de 25%. En revanche, Gazprom a connu une année difficile en 2023, enregistraît sa première perte nette depuis plus de 20 ans, une conséquence des sanctions imposées par l’UE.

De nouvelles sanctions contre la Russie

Le 20 juin 2024, l’Union Européenne a décidé d’imposer un 14ème paquet de sanctions à la Russie. Pour la première fois, ces sanctions ciblent le gaz naturel liquéfié (GNL) russe, interdisant son transbordement dans les ports européens. La Russie pourra que continuer à livrer du GNL à l’UE, mais elle ne pourra plus utiliser les ports de l’UE pour diriger ses exportations vers des destinations tiers comme la Chine, la Turquie ou Taïwan. Cette mesure aurait pour conséquence une diminution des recettes annuelles de la Russie estimée à 2 milliards d’euros par an.

Vers une nouvelle flambée du prix du gaz ?

Outre le GNL, ces sanctions ciblent également le recours aux cargos « fantômes » par la Russie pour éviter les restrictions d’exportation du pétrole et le système de messagerie financière SPFS, alternative à SWIFT. Il est à noter que ces nouvelles sanctions ont soulevé certaines hésitations au sein de l’UE avec des pays comme la Hongrie et l’Allemagne qui ont exprimé leur préoccupation quant aux conséquences sur leurs PME exportatrices. Finalement, la question se pose de l’impact de ces mesures sur les ménages européens, déjà affectés par une hausse conséquente du prix du gaz, qui est passé de 15 à plus de 30 euros en moyenne entre 2020 et 2024, suite à la crise sanitaire et la guerre en Ukraine.


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