14 avril 2024

Argent de poche : les inégalités salariales commencent de là

Le Sexisme dans l’Attribution de l’Argent de Poche en France : Une Réalité Indéniable

Le constat d’une inégalité persistante

Dans l'hexagone, l'éducation financière fait partie intégrante de l'éducation des jeunes. Néanmoins, une étude menée récemment par Pixpay révèle un constat alarmant : les filles reçoivent en moyenne 6 euros de moins par mois que les garçons. Cet écart, loin d'être anecdotique, s'accentue avec l'âge. Bien que les filles âgées de 10 à 12 ans semblent bénéficier légèrement plus d'argent de poche que leurs homologues masculins, l'avantage s'inverse dès le passage à l'adolescence. Les sommes allouées évoluent au fil des années, basculant de 54,9 euros pour les garçons et 54,2 euros pour les filles entre 12 et 14 ans, pour arriver à 137 euros pour les garçons et 120,8 euros pour les filles entre 16 et 18 ans.

Des disparités régionales prononcées

Les résultats varient aussi considérablement en fonction des régions. En Bourgogne-Franche-Comté, les filles reçoivent en moyenne 30 euros de moins que les garçons par mois, constituant ainsi l'écart le plus important de France. À l'opposé, l'Île-de-France et la région Centre Val de Loire présentent des écarts plus modérés avec seulement 1 euro de différence. L'Île-de-France se distingue même comme la seule région où les filles reçoivent plus que les garçons, avec 103 euros en moyenne pour les filles et 102 euros pour les garçons.

Gestion de l’argent et normes de genre

Malgré la persistance de ces disparités, les filles semblent adopter un comportement plus actif en matière de finances. Elles sont plus enclines à solliciter des augmentations d'argent de poche et à proposer des services spécifiques pour l'obtenir. Elles sont plus susceptibles d'investir dans des domaines généralement considérés comme "féminins", tels que le ménage. Les garçons, quant à eux, se dirigent plus vers les activités extérieures, comme le jardinage. Les filles se démarquent également par une plus grande propension à l'épargne et à la générosité, avec 54% d'entre elles faisant des dons à des associations. Malheureusement, même si 72% des mères sont responsables de la gestion de l'argent de poche, cela ne se traduit pas par des montants plus élevés pour les filles.

Vers un futur plus équitable

Si l'écart a diminué par rapport à 2023, où les garçons touchaient en moyenne 7,5 euros de plus que les filles, le sexisme dans l'allocation de l'argent de poche reste un problème. Cela souligne la nécessité d'une réflexion plus approfondie sur les stéréotypes de genre dans l'éducation financière. Peut-être qu'en reconnaissant et en abordant ces biais systématiques, nous pourrons progresser vers un futur plus équitable.

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