18 juin 2024

Casino : réunion des actionnaires, l’heure de vérité pour les employés ?





Restructuration financière drastique du Groupe Casino: une situation économique complexe

C’était en mars 2024 quand Daniel Kretinsky est devenu le chef du Groupe Casino, déclenchant une restructuration financière significative. Le Groupe, qui comptait encore plus de 200 000 employés mondiaux (dont 50 000 en France) fin 2022, ne compte plus aujourd’hui que 30 000 employés. Et ce, malgré un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros en 2023 et une présence dans plus de 8 600 magasins. Le Groupe n’a pas pu résister à une dette de 1,5 milliards d’euros et des loyers énormes, l’obligeant à annoncer en avril 2024 son intention de supprimer 1 300 à 3 200 postes supplémentaires.

Après une série de ventes hâtives de magasins à Intermarché, Auchan et Carrefour, la Cour d’appel de Paris a demandé à Casino de revoir ses propositions sociales avant le 27 juin 2024. Didier Marion, délégué syndical de la CFE-CGC, a déclaré que les actions de la direction « entravent notre capacité à défendre les salariés de Casino ». Les négociations avec l’intersyndicale se poursuivent jusqu’à la première semaine de septembre.

Changement de stratégie et hauts revenus : un cocktail détonnant

Dirigée par le nouveau président du conseil d’administration, l’ancien secrétaire d’État Laurent Pietraszewski, l’entreprise veut devenir un « champion de la proximité ». Le groupe se concentre sur des franchises comme Vival et Spar, et sur des enseignes rentables comme Monoprix et Naturalia, qui génèrent près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe.

Entretemps, la rémunération de la direction est un sujet controversé pour les nouveaux actionnaires. Les hauts dirigeants pourraient toucher de gros salaires malgré les difficultés financières du groupe. Jean-Charles Naouri, l’ancien PDG, pourrait recevoir 825 000 euros pour 2023 et 618 750 euros pour 2024, même s’il a démissionné en mars 2024. Philippe Palazzi, le nouveau directeur général, pourrait gagner 825 000 euros, et Laurent Pietraszewski 200 000 euros. Si ces rémunérations sont votées, elles pourraient enflammer davantage la situation déjà tendue au sein du Groupe Casino.


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