14 juin 2024

Voiture électrique : chute des ventes, le gouvernement allemand fait l’autruche


Le défi de l’électromobilité : analyse des ventes de voitures électriques en Allemagne

Quel est l’avenir de l’électromobilité en Europe, plus précisément en Allemagne ? Depuis la fin des aides à l’achat de voitures électriques en Allemagne, la tendance a pris un virage qui pourrait bien être révélateur de l’avenir de cette technologie au sein de l’UE.

L’effet paradoxal de l’arrêt des aides à l’achat

Quand les aides à l’achat de voitures électriques se sont arrêtées, les ventes de ces véhicules ont remarquablement chuté en Allemagne. On constate un déclin de 30,6 % des ventes en mai 2024 par rapport à mai 2023. En parallèle, comme le relève une étude de Chemnitz, les ventes de voitures thermiques ont légèrement augmenté avec 2,1 % pour les modèles à essence, 3,2% pour les diesels et 0,3% pour les hybrides. Une quantité conséquente de voitures électriques, environ 100 000, restent en attente dans différents entrepôts à travers l’Allemagne, affectant des constructeurs allemands ainsi que des constructeurs importés.

Le constructeur américain Tesla et le géant chinois de l’électromobilité BYD sont les plus durement touchés par ce tournant. En conséquence, Tesla a dû réduire ses effectifs mondiaux de plus de 10 % et arrêter temporairement ses opérations à son usine de Berlin en juin 2024. Pour stimuler les ventes, il a également baissé le prix de certains modèles comme le Model Y (réduction de 3 000€ en France).

La position d’Olaf Scholz face à la crise de l’électromobilité

Les difficultés rencontrées par les voitures électriques peuvent s’expliquer par diverses raisons : manque d’autonomie et de bornes de recharge, soutien financier de l’État insuffisant, etc. C’est un défi que le chancelier allemand Olaf Scholz ne compte pas contourner. Malgré le recul du marché de l’électromobilité et les critiques du parti AFD, Scholz a confirmé qu’il reste engagé vers l’objectif de 15 millions de véhicules électriques sur le marché allemand d’ici 2030.

Dans une situation presque similaire, la France maintient une part de marché de 17,7 % pour la voiture électrique, selon les données du cabinet AAA. Cependant, l’État doit faire face à une dette de plus de 100 millions d’euros issue du leasing social envers les distributeurs. Si ces derniers décident de suspendre leurs livraisons jusqu’à ce qu’ils soient remboursés, cela pourrait impacter la stabilité actuelle du marché français. Un défi de taille pour les instances dirigeantes, qui reste à résoudre pour assurer l’avenir de l’électromobilité en Europe.


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