1 mars 2024

Vins de Bordeaux en crise : les viticulteurs arrachent leurs vignes

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Le secteur viticole bordelais traverse une époque de troubles. Le rouge, qui couvre 85% du vin de ce territoire, voit ses ventes s’effondrer de 44% sur la dernière décennie, notamment pour les vins sous « Appellation d’Origine Protégée » (AOP). Cette descente s’accompagne d’une tendance à un engouement croissant pour les vins rosés et blancs, considérés comme plus légers.

Une déclin inquiétant des vins de Bordeaux

Le changement de préférence oenologique est en relation avec un recul de consommation de viande rouge ainsi que d’une modification du mode de consommation. En effet, les apéritifs dînatoires tendent à remplacer les repas classiques. Face à ce contexte, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) a initié des campagnes de promotion pour relancer la demande de vins de Bordeaux.

Pour gérer un excédent de production qui présente plus de 150 millions de bouteilles en surplus, les producteurs bordelais ont choisi l’arrachage de vignes. Cette option est encouragée par l’État et le CIVB, qui ont alloué à cela un fonds de 57 millions d’euros destinés à l’arrachage de 9.500 hectares. Cette action cherche aussi à lutter contre la flavescence dorée, un mal qui menace les vignes. Toutefois, cette décision est loin de faire l’unanimité parmi les exploitants.

Le déracinement de la vigne, une résolution contestée

En effet, ces derniers regrettent cette démarche douloureuse et complexe, due à la bureaucratie et à l’incertitude concernant la véritable compensation financière. Malgré ces difficultés, certains viticulteurs envisagent de se reconvertir en cultivant des céréales sur les terres libérées, dans l’espoir que cette diversification stabilisera leurs revenus.

Cette situation met en lumière une transformation majeure dans les comportements de consommation des Français qui sont passés de plus de 120 litres de vin par an et par tête à moins de 40 litres en soixante ans. Toutefois, une volonté de consommer du vin de meilleure qualité se dessine, preuve d’un changement vers des pratiques plus durables et respectueuses de l’environnement et de la santé.

Le vignoble bordelais connaît une crise sévère, dictée par le besoin d’ajuster ses méthodes et sa production à la nouvelle réalité du marché et aux exigences des consommateurs. Malgré des actions d’urgence et des perspectives de renouvellement, l’avenir de l’industrie viticole bordelaise est imprévisible tout en restant ouvert à l’innovation.

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