14 avril 2024

Crise immobilière : baisse record des permis de construire

Turmoil in the Housing Sector: An In-depth Look

En ces temps de crise, l’impact se fait sentir au-delà du cadre économique – redoutant des licenciements massifs – et s’étend également au domaine immobilier. Cette conjoncture annonce des années ardues pour le secteur.

L’effondrement des permis de construire

Les données récentes du Ministère de la Transition Écologique dévoilent un déclin soutenu de 28,3% dans l’octroi des permis de construire entre octobre 2022 et septembre 2023. Bien que les chiffres antérieurs aient pu être artificiellement élevés en raison de deadlines réglementaires, le volume mensuel de permis accordés reste inférieurement stable depuis août 2022, aux alentours de 30 000.

Cette situation impacte inexorablement toutes les classes d’habitation, de la résidence privée aux logements collectifs, enregistrant une contraction des projets de maisons individuelles inédite depuis l’année 2000. D’après Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) : « Nous sommes dans une situation de blocage absolu ».

Les facteurs derrière cette crise

Le marché de l’immobilier neuf est actuellement balayé par une tempête causée par la conjonction de plusiers facteurs défavorables. La puissante détérioration du pouvoir d’achat des acheteurs, exacerbée par un rapide accroissement des taux d’intérêt, a écarté de nombreux prétendants à la propriété du marché. De surcroît, l’impact des crises globales, à l’instar de la pandémie de Covid19 et du conflit en Ukraine, a engendré un bouleversement des coûts des matériaux de construction. Les nouvelles réglementations environnementales ajoutent également une charge financière additionnelle aux projets neufs. Pour la Fédération Française du Bâtiment (FFB), une crise profonde dans la construction neuve semble inévitable, prévoyant un ralentissement de 5% en 2024.

Les conséquences de cette crise sur le marché du travail semblent funestes. La FPI prédit que les promoteurs auront comptabilisé seulement la moitié des réservations comparativement à une année normale en 2023, anticipant une année d’épreuve. Pascal Boulanger mentionne que « cette pause des nouveaux programmes par les promoteurs, inefficaces pour écouler leur production, est une menace pour l’emploi dans le domaine ». La FFB craint potentiellement jusqu’à 150 000 licenciements dans le bâtiment d’ici 2025, avec un impact qui se propagerait aux métiers annexes. Des temps orageux se dessinent pour le secteur de la construction neuve.

Les perspectives d’acquisition immobilière face à l’inflation

Le rêve français d’accéder à la propriété s’obscurcit devant ce climat préoccupant. L’inflation demeure élevée, rongeant le pouvoir d’achat des potentiels primo-accédants. Réagissant à cette inflation, la BCE a opéré une augmentation des taux directeurs, provoquant une flambée des taux d’emprunts, passant de 2,35% à 4% en quelques mois seulement selon l’Observatoire CSA-Crédit Logement.

Dans le même temps, le prix moyen du mètre carré à l’achat atteint des records, avec une moyenne estimée à 3.178 euros, une montée de 30% sur ces dix dernières années selon l’Insee. Par conséquent, le marché immobilier subit une dégringolade profonde des ventes, enregistrant un fléchissement de 12% en un an, d’après les Notaires de France.

Quelles alternatives pour les futurs propriétaires ?

Acheter un logement neuf ou entreprendre la construction d’une maison sont désormais des options inabordables, tandis que l’achat dans l’ancien demeure risqué : seules celles et ceux disposant déjà d’un patrimoine substantiel ou de revenus grandement au-dessus de la moyenne semblent disposer aujourd’hui des moyens de devenir propriétaires sans anxiété face à l’avenir.

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