19 avril 2024

Déficit : l’austérité annoncée est déjà insuffisante pour la Cour des Comptes


La Cour des Comptes met en garde contre la fragilité du déficit public français

La Cour des Comptes a récemment exprimé ses inquiétudes concernant la trajectoire du déficit public envisagé par le gouvernement français. Elle souligne le manque d’ambition, la fragilité et le timing inapproprié de cette stratégie budgétaire. Pierre Moscovici, premier président de la Cour, suggère même que des mesures d’économies supplémentaires pourraient être nécessaires.

Un déficit public sous surveillance

Un rapport récent de la Cour des Comptes évalue de manière critique la stratégie du gouvernement concernant le déficit public pour la période 2023-2027. Notant un scénario macroéconomique potentiellement trop optimiste, il alerte sur le risque de ne pas parvenir à réduire le déficit public en dessous de 3% du PIB avant 2027. Cela, même compte tenu des efforts de maîtrise de dépenses pourtant sans précédent. D’après un entretien de Pierre Moscovici avec Les Echos, le déficit public pourrait atteindre 4,4% du PIB en 2024, nécessitant des economies supplémentaires.

Un endettement public alarmant

Le rapport souligne également l’augmentation worryante de la dette publique qui devrait croître de dix milliards d’euros entre 2023 et 2024, pour atteindre 57 milliards d’euros. Selon la Cour des Comptes, elle devrait représenter 109,7% du PIB en 2024. C’est donc une performance qui serait en décalage avec des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche et même le Portugal dont la dette publique reste inférieure à 100% du PIB. Comme le rappelle l’article, Pierre Moscovici n’exclut pas la contribution des plus riches ou l’utilisation de prélèvements exceptionnels pour répondre à cette crise.

Une gestion climatique insuffisante

Par ailleurs, la Cour des Comptes pointe du doigt la gestion lacunaire du gouvernement en matière de changement climatique. Bien que le gouvernement admette la réalité du problème, l’absence d’une action publique cohérente, transparente et efficace est fortement critiquée. L’État est notamment blâmé pour son inaptitude à définir et à suivre des objectifs et des trajectoires d’adaptation clairement établis.

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