1 mars 2024

Naissances : 1 Français sur 2 ne fait pas d’enfant par peur du futur

La natalité en baisse : une question au cœur des préoccupations françaises ?

Les Français face à la baisse de natalité

D’après un sondage réalisé par l’Institut Montaigne, révélé par _Les Echos_ le 1er février 2024, la baisse de natalité n’est pas une préoccupation majeure pour la majorité des Français. Plus précisément, cette question ne les inquiète pas pour 40% d’entre eux, alors que seulement 20% estiment que c’est une problématique de grande envergure. Toutefois, l’opinion varie en fonction de l’âge et des convictions politiques. Alors que 70% des personnes âgées de plus de 65 ans considèrent cette diminution comme un enjeu, seuls 46% des 18-24 ans sont de cet avis. Par ailleurs, les électeurs de la droite et d’Emmanuel Macron, constituent les groupes les plus préoccupés par cette thématique, avec respectivement 70% et 81% d’entre eux qui y voient un problème.

Alors que les propositions gouvernementales pour résoudre cette problématique, telles que le Service National Universel (SNU) ou l’imposition de l’uniforme, ne semblent pas répondre aux attentes des Français. En effet, les vrais enjeux sont ailleurs.

Les raisons de la baisse de natalité

Selon le même sondage réalisé pour l’Institut Montaigne, les inquiétudes des Français concernant la baisse de natalité sont principalement d’ordre économique (54%) et liées à l’avenir incertain (51%). Un nombre significatif de personnes interrogées estime que la baisse du nombre de naissances s’explique par le fait qu’ils ne souhaitent pas voir un enfant grandir dans le monde actuel et le futur incertain. Les crises en cours ou à venir (guerres, pandémies, catastrophes climatiques, inégalités et réchauffement planétaire) découragent l’idée de procréer. Dès lors, le SNU ou l’uniforme ne semblent pas être les solutions appropriées pour répondre à ces enjeux.

Qui plus est, une majorité de Français (63%) estime que l’Etat n’a pas à dicter leur choix concernant la procréation. Cette perception constitue un revers pour le Président de la République, Emmanuel Macron, qui espérait dynamiser la natalité en France grâce à sa politique de « réarmement démographique ». Pour ce faire, le gouvernement devra avant tout convaincre les femmes, qui demeurent les plus critiques vis-à-vis de cette injonction à procréer (71%).

Le rôle de l’État dans le choix de procréer

Parmi tous les interrogés, seuls les soutiens du Président de la République (66%) et des Républicains (52%) estiment majoritairement que l’encouragement à la procréation est une action légitime pour l’État. Cela soulève une question cruciale : quel est le rôle de l’État dans la vie personnelle des citoyens ? La liberté de choix sur des questions aussi privées que celle de la procréation doit-elle être préservée ou est-il du devoir de l’État de prendre des mesures pour maintenir un certain niveau de croissance démographique ? Les opinions divergent, reflétant une fois de plus, la complexité de la question.

En conclusion, les problématiques autour de la baisse de natalité sont nombreuses et profondément liées aux craintes économiques, à l’incertitude de l’avenir et au rôle reconnu à l’État. Quoi qu’il en soit, résoudre ce problème demandera avant tout de répondre aux préoccupations réelles des citoyens.

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